Stéphanie Kiwitt

... Une grande partie des travaux de Stéphanie Kiwitt est issue de séjours dans des villes européennes comme Prague, Budapest, Madrid, Paris, Marseille. Ses images scénarisent la vie quotidienne en superposant l’anonymat urbain, des signes de vies individuelles, la précarité de la vie moderne et la normalisation d’états d’exception...

Stéphanie Kiwitt est née en 1972 à Bonn. Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris dans la classe de Joachim Brohm en 2004, elle poursuit depuis les cours de la Meisterklasse de Timm Rautert. Etudie la Photographie de 1994 à 1998 à l’Institut pour la photographie d’Opava, République Tchèque ... puis à la HGB de Leipzig et la communication visuelle à Potsdam. Exposition dans le cadre de la résidence Pytheas.

Texte de Elodie Guida : Stéphanie Kiwitt

Dans « Cornerville », Stéphanie Kiwitt s’intéresse aux incessantes mutations de l’espace urbain, à la manière dont la ville se fait, se défait, se refait avec les habitants. Le regard est porté sur les résidus, les traces d’un certain usage de l’espace public qui rompt la continuité supposée par la construction urbaine. C’est cette rencontre, ce rapport constant entre une « cohérence » de l’espace architectural et l’émergence de « tendances spontanées » qui est photographiée, et interrogée. Manifestations des besoins individuels des habitants ? Manière de réorganiser et réinterpréter l’espace urbain et son usage ? Transgression des paramètres d’une architecture contrôlée ou des règles et conditions d’urbanisme ?

En écho à la dynamique urbaine, ces œuvres motivent une dynamique du regard sans cesse mouvante, en nous invitant à revisiter les images selon leurs modes d’apparition (photos, vidéo, livre), ou encore en fonction de notre position dans l’espace de l’exposition. Ensemble, les photos (dont le mode de présentation évoque celui des affiches), les images en mouvement et le livre, concourent à la création de rapports singuliers entre les images, sans imposer de grille de lecture ou de règle formelle. Leur force est justement d’interroger visuellement ces phénomènes, d’ouvrir un espace où différentes lectures sont possibles, d’un point de vue social, psychologique, ou architectural.