Lectoure 20 ans

Lectoure 20 ans

Pour son vingtième anniversaire, l’Eté photographique de Lectoure répond à l’invitation des Ateliers de l’Image en exposant des oeuvres récentes de quatre artistes qui ont été des jalons dans l’histoire du festival. Aucun des quatre n’est purement photographe, même si certains l’étaient à l’époque. Ils représentent bien en cela le positionnement d’un festival qui a toujours ouvert sa programmation à d’autres supports que la photographie et laissé une large place aux jeunes artistes. Laurent Millet avait exposé en 2001, Elise Florenty en 2003, Eléonore de Montesquiou et Lionel Loetscher en 2004. Les oeuvres récentes exposées à la Traverse révèlent entre ces artistes une étonnante convergence de trajectoires. Evoluant dans des univers très différents à l’époque de leur exposition à Lectoure – l’imaginaire pour Laurent Millet, le mythologique pour Elise Florenty, le domestique pour Lionel Loetscher – ils se rejoignent aujourd’hui autour d’Eléonore de Montesquiou sur le terrain de l’observation du monde. En contrechamp du Mangeur de soupe de Lionel Loetscher, témoin sidéré du spectacle du chaos, les autres artistes filment des individus dont la vie est affectée par les soubresauts de l’Histoire (Elise Florenty, Eléonore de Montesquiou) ou s’inscrit dans le mouvement de l’univers (Laurent Millet).

François Saint-Pierre

Exposition visible jusqu’au 24 avril 2010.

Lionel Loetscher La Soupe, 2008, 2’21 « Déambulation, mais également errance, et dérive psychique sont des termes appropriés pour décrire l’état d’une personne qui ne comprend plus ce qui se passe autour d’elle et se trouve confrontée à des événements qui la dépassent. Cet état psychologique semble se caractériser par des comportements de micro-décompensation que la personne justifie par des activités quotidiennes banales. » Max Heinrich Trender

Laurent Millet La constellation des choses, 2009, 59’59 « C’’est le mouvement même de l’univers que je souhaiterais regarder et retranscrire dans les images aussi bien que dans la forme du film. » Laurent Millet est parti en Inde : « Un touriste ferait l’Inde. Moi, j’attendrai un peu d’être fait par elle. » Dans les rues et sur les chantiers, il filme des « gens qui font attention », dont la présence intense se concentre dans des gestes simples. Il filme les choses, pas les idées.

Eléonore de Montesquiou Kesk, 2006, Atom Cities, 3’20 09.05.05, 2006, Atom Cities, 19’ Atom Cities est une série de six films tournés en Estonie, à Sillamäe et Paldiski, villes secrètes dédiées à la recherche nucléaire et habitées à 95 % par des Russes, qui sont aujourd’hui minoritaires dans un pays dont ils ne parlent pas la langue. Kesk montre l’importance du choix de la langue pour les jeunes qui se retrouvent en bandes en bas des immeubles. 9 mai 2005 traite de l’ambivalence des commémorations du 60e anniversaire de la victoire de l’armée soviétique : triomphe d’une armée héroïque pour les uns, occupation de l’Estonie pour les autres. Elise Florenty Gennariello, 2009, 36’25 Ce projet répond aux Lettres luthériennes de Pier Paolo Pasolini, sorte de traité pédagogique subversif sur la famille, l’école, les médias, la religion et la politique. Élise Florenty filme ici Naples et ses corps adolescents. En voix off, un homme répond aux mots que Pasolini adressait en 1975 à Gennariello, jeune napolitain de 15 ans.

Programmation des films en continu sauf pour La constellation des choses, de Laurent Millet : Projection tous les jours à 18h00 précise.